Depuis plusieurs mois, le sujet des remises génériques/biosimilaires fait des montagnes russes :
- Arrêté scélérat du 4 août 2025 mettant les plafonds à 30/15.
- Manifestations massives des pharmaciens les 16 août et 18 septembre.
- Retour provisoire du 40/15 le 7 octobre, jusqu’à fin 2025.
FSPF et USPO s’accordent apparemment sur la nécessité de mettre fin à ces fluctuations et d’inscrire une bonne fois les plafonds dans la loi. Mais l’un penche pour la confiance au Parlement, l’autre se fie davantage au ministère. L’unité est, décidément, fragile.
La FSPF s’entend, comme toujours seule, avec la ministre de la Santé, à qui elle demande de proroger ces taux jusqu’à fin 2026, le temps de s’accorder sur une réforme économique de l’officine. Mais le ministère ne lâche pas de lest si facilement, d’autant qu’entretemps, c’est le Parlement qui prend la main.
Unanimité historique le 9 novembre : l’Assemblée nationale vote pour le 40/20 et le Sénat approuve peu après. Toujours prompts à réagir, des représentants de la profession font éclater leur joie…
Trop tôt car la première fenêtre du calendrier de l’Avent ouvre sur une bombe : le Gouvernement dépose un amendement pour supprimer le texte adopté par les deux chambres. Motif ? Réintégrer la discussion dans le champ réglementaire et attendre les conclusions de la mission Igas-IGF. Autrement dit : garder la main.
Tout est à refaire. Encore.
Comme dans un mauvais vaudeville, ballotté dans une querelle de prérogatives, le pharmacien peut retourner à son comptoir, à ses vaccinations et à ses incertitudes. En attendant le prochain coup de théâtre ?
Le 4 décembre, sous la pression parlementaire, le gouvernement renonce à son amendement. Enfin une bonne nouvelle ! Mais ces revirements incessants sont épuisants et signe de fébrilité, alors que le PLFSS n’est pas encore adopté.
Une seule chose est sûre : quand la profession se fissure, elle se fragilise. À force de tirer à hue et à dia, elle s’égare. Il est plus que temps de reconstituer l’unité ayant permis les belles mobilisations de l’été et façonné le soutien des parlementaires dans le combat des remises - un appui majeur, sur lequel il faut capitaliser. D’autant que les accords tant avec le gouvernement qu’avec la Sécu ont trop souvent déçu.
Soyons clairs : tout retour par arrêté à moins de 40% serait inacceptable et représenterait non seulement une trahison des pharmaciens mais aussi une décision antidémocratique.
Quant à l’ouverture d’un chantier sur l’avenir économique de l’officine, la perspective en paraît prometteuse, mais à condition de s’y montrer unis et que cette réforme s’élabore avec les forces d’avenir de la profession.
Jeudi 4 décembre 2025