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Promouvoir un exercice libéral et responsable

Derrière le tabou du capital, la vraie question du financement

Crier au loup permet de détourner l’attention des vrais problèmes. L’alerte à la financiarisation de l’officine joue actuellement ce rôle d’épouvantail, nourrit des débats stériles et génère des amendements absurdes

Crier au loup permet de détourner l’attention des vrais problèmes. L’alerte à la financiarisation de l’officine joue actuellement ce rôle d’épouvantail, nourrit des débats stériles et génère des amendements absurdes – à quoi rimerait de favoriser fiscalement un type de groupement, les coopératifs, plutôt que les autres (idée heureusement retoquée par le Sénat) ?
 
La chasse aux sorcières ne rend pas service à la profession. C’est d’union que nous avons besoin pour affronter les vrais problèmes. Les fragilités et menaces que l’UNPF pointait dès 2015 existent toujours en 2025, mais en pire : manque d’attractivité, baisse de marge, faible capacité d’innovation, raréfaction des prescripteurs (et désormais… déprescription), menaces sur le monopole, etc. Trop de fonds de commerce sont invendables et trop de jeunes n’arrivent plus à s’installer.
 

Mise au point

 
  • Notre syndicat proposait, il y a 10 ans déjà, de se retrousser les manches pour redonner un avenir à l’officine (voir le livre blanc  https://www.unpf.eu/livres-blanc).
  • Soyons clair : en dépit des caricatures, l’UNPF n’a jamais prôné l’ouverture du capital des officines aux fonds de pension. L’idée mise sur la table consistait à ouvrir le capital uniquement aux pharmaciens, à tous les pharmaciens, partageant le même diplôme et des valeurs communes, qu’ils soient en exercice, retraités, ou d’autres sections.
  • Peut-être pas la bonne idée, peut-être prématuré mais le but était de provoquer un électrochoc pour trouver une réponse au manque de financement – tant pour les pharmaciens installés bien en peine d’investir, que pour les jeunes désireux de s’installer.
  • La mise en place (avec la FSPF et Interfimo) de Pharmequity, plateforme de financement participatif pour les pharmaciens, n’a pas fonctionné à la hauteur des attentes. Raison de plus pour relancer la dynamique et créer des mécanismes d’investissement responsables, préservant l’indépendance des pharmaciens.

C’est pourquoi l’UNPF propose une troisième voie, via notamment l’Union des pharmacies groupées de France (UPGF) – projet porté avec l’UDGPO, et ouverte aux autres acteurs désireux de renouveler le combat syndical – et au-delà. Il s’agit de redonner une représentation à plus de la moitié des pharmaciens qui ne sont pas syndiqués, alors que leur immense majorité adhère à des groupements. Car les groupements ont fait la preuve de leur utilité, pour permettre aux pharmaciens de mutualiser des tâches, d’investir dans l’innovation, de se lancer dans les missions…
 
L’ennemi, ce ne sont pas les groupements mais 1/ ce qui entrave le pharmacien dans son indépendance (obligations convertibles, contrats d’engagements pluriannuels…), 2/ ce qui l’empêche d’investir, de valoriser son fonds de commerce, de le moderniser, d’embarquer les nouvelles compétences et les outils d’IA pour renforcer le service officinal…
 

Stop aux batailles d’egos

 
Aujourd’hui, chacun fait comme il peut, même ceux qui diabolisent et jouent aux maîtres d’école, distribuant les points entre bons et mauvais groupements, bons et mauvais syndicats… Moyen commode de ne pas faire son examen de conscience. Parmi ceux qui dénoncent la financiarisation, combien ont des parts chez un primo-accédant ? Combien ont demandé un découpage auprès de leur grossiste ? Combien ont renégocié leur prêt auprès de leur établissement bancaire ?
 
L’enjeu n’est pas de condamner les uns ou les autres, mais de reconnaître que notre économie craque, que notre maillage ne vit pas de promesses, que notre indépendance vaut mieux qu’une bataille d’egos et que le financement n’est pas un gros mot, mais l’une des clés pour libérer l’avenir de ses chaînes.

Jeudi 27 novembre 2025
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