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Promouvoir un exercice libéral et responsable

La Cour des Comptes enterre la DAU pour tous et ranime la PDA

Même la Cour des Comptes le reconnaît désormais : la généralisation de la délivrance à l’unité (DAU) des médicaments n’est pas une bonne idée. Les auditions, dont celle de l’UNPF, n’auront pas été vaines.
 
En pleine crise du modèle économique de l’officine, d’autres sujets plus urgents doivent occuper le débat. Néanmoins, ce rapport des sages publié le 7 novembre (urlr.me/pwNZTE) a le mérite de doucher l’arlésienne, renvoyant la DAU généralisée au rang des dogmes sans rationnel économique. Son inefficacité écologique et ses dangers pour la santé, liés au risque de confusion, et la perte de traçabilité qu’elle entraîne, ont par ailleurs été largement documentés.
 
La Cour des Comptes préconise, avec bon sens et en écho à nos demandes, que tout élargissement sélectif de cette pratique fasse l’objet d’un encadrement et d’une rémunération adaptés. La DAU, déjà obligatoire pour les stupéfiants, autorisée pour les antibiotiques et pouvant être imposée pour certains produits en tension, est à considérer comme un outil à la panoplie du pharmacien clinicien, moyennant cadrage et financement.
 
Mais il serait erroné d’y voir un remède miracle au mauvais usage ou aux lacunes d’un système incapable de pallier les ruptures. Chaque cas envisagé requiert un examen précis et des modalités discutées avec la profession.
 
La PDA enfin au premier plan !
 
 Il existe des cas particuliers où le déconditionnement a bien sa place. Exemple : la préparation des doses à administrer (PDA) pour les personnes âgées et polymédiquées. Il est heureux que la Cour des Comptes reconnaisse enfin la nécessité de doter la PDA d’un cadre juridique et financier, comme le demande l’UNPF depuis plus de 10 ans (voir notre livre blanc de 2015 urlr.me/d4g2c3).
 
La « crise » des remises génériques a mis en lumière la fragilité économique de cette mission officinale, essentielle face aux défis du vieillissement et des maladies chroniques. Pour la préparation de piluliers destinés aux résidents d’Ehpad, nous demandons une rémunération du pharmacien à hauteur de 1 € par jour et par patient. Un minimum, qui ne prend pas en compte l’investissement initial en robotique et les coûts de fonctionnement. Mais un début pour pérenniser ce vecteur clé de bon usage et de sécurisation.
 
Le rapport ouvre par ailleurs des pistes de réflexion. La recommandation d’inclure dès 2026 la question des conditionnements dans le cadre des négociations relatives à la tarification des médicaments semble quelque peu superflue, la grande majorité des conditionnements étant déjà adaptée. En revanche, quid de réglementer, d’ici à fin 2027, la quantité de médicaments à délivrer au commencement ou en phase d’ajustement d’un traitement chronique ou onéreux ? Pourquoi pas explorer cette possibilité, mais sous réserve d’une rémunération valorisant réellement le travail du pharmacien.

Vendredi 21 novembre 2025
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