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Portrait d'un pharmacien UNPF / François-Xavier Ferrand ne fait plus « le même métier »

Gérant de la pharmacie du Pont de l’Eure, à Pacy-sur-Eure (Eure), François-Xavier Ferrand a vécu depuis 2019 « une transformation radicale » du métier. « Quand je regarde dans le rétro, c’est lunaire », dit-il. Il explique pourquoi.
 
On trouve de tout dans une pharmacie. Et surtout des petites choses qui font un grand bien, par exemple quand un client fait un malaise alors qu’il vient d’être vacciné contre la Covid-19. « Tu sais où il y a du sucre ? », demande son épouse à François-Xavier Ferrand. « Non. » À l’autre bout du fil, comme un flottement. « Les équipes ont l’habitude. Elles géreront », sourit-il.
Le pharmacien, c’est un peu tout ça. Du ronron quand les ordonnances s’enchaînent. Puis, d’un seul coup, un malaise, un test antigénique positif, etc. « Je suis diplômé depuis 22 ans, installé à Pacy-sur-Eure depuis 13 ans. Je n’ai jamais assisté à une telle accélération de la manière de faire notre métier en seulement un an et demi. C’est lunaire. En 2019, je passais mon temps dans mon bureau à négocier les prix avec les laboratoires. Là, je suis aspiré vers le comptoir de la pharmacie. Le temps de crise sanitaire me l’impose. »
 
100 litres d’éthanol dans le coffre
Le virus est passé par là et a tout changé. « En mars 2020, nous faisons le constat que nous n’avons plus de gel hydroalcoolique. L’OMS nous accorde la possibilité d’en fabriquer. Je me revois partant avec mes bidons pour les remplir d’éthanol à 96 % vendu par des usines de parfum. On faisait nous-mêmes les préparations, en les diluant avec l’alcool. Puis, ensuite, il fallait flaconner le liquide miraculeux. Les préparatrices se sont retroussé les manches. Je me suis retrouvé parfois avec 100 litres d’éthanol dans le coffre », sourit-il.
Puis il a fallu partir à la quête des masques. Par chance, les masques périmés FFP2 de la grippe A H1N1 de la fin 2009 (les fameux masques Bachelot) ont été conservés et ont permis au personnel de se protéger. « Je me suis retrouvé au cul des camions pour négocier l’achat de palettes de masques, tel un chineur de produits rares qui, lampe torche à la main, cherche un objet rare au petit matin dans les marchés aux puces ! J’ai rempli le coffre de ma voiture. » Les fournisseurs habituels étaient aux abonnés absents ; stocks désespérément vides !
 
« Nous sommes essorés »
Le temps de trouver des solutions à ces difficultés d’approvisionnement qu’un autre acte se profile : les tests antigéniques autorisés en pharmacie à partir de la fin octobre 2020. « Dans notre village de 5 000 habitants, toutes nos préparatrices ont accepté de faire des prélèvements. Fin juin, nous en aurons réalisé 2 500 ! Certains cas positifs surviennent encore, les gens font encore n’importe quoi, ils pensent que l’épidémie est finie », se désole-t-il.
Enfin, fin mars de cette année, il a fallu piquer ceux qui le souhaitaient. « Je suis passé par un abonnement Doctolib. Nous piquons aujourd’hui encore une cinquantaine de personnes par semaine. C’est intense. Nous sommes essorés. Récemment, j’ai passé un week-end à récupérer. J’étais lessivé. »
 
Le grand bond vers l’avenir des pharmaciens
Il faut dire que François-Xavier Ferrand prend son métier à cœur. Il a mis en place une salle pour la vaccination, une autre pour la téléconsultation. « Nous avons décidé de faire ce saut qualitatif pendant la crise. Nous avons loué une borne de téléconsultation avec la start-up Medadom. Un client arrive, nous dit qu’il a mal à l’oreille, on glisse sa carte vitale dans la borne et il peut s’entretenir avec un médecin. Nous restons avec la personne, nous pouvons glisser un autoscope dans l’oreille pour que le médecin visualise son état interne. Ce système évite parfois aux gens d’embouteiller le service des urgences pour de la bobologie. »
D’autres révolutions se profilent, comme la possibilité de renouveler son ordonnance ou la possibilité de prescrire sans ordonnance des antibiotiques pour des angines bactériennes ou des infections urinaires, en cas d’urgence. « Notre métier va encore évoluer vers plus de services au public. Nous devons nous adapter à la fois aux évolutions législatives et aux attentes de la population », conclut François-Xavier Ferrand.

Légende photo : François-Xavier Ferrand entouré de son équipe.

Lundi 9 août 2021
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